Glimpses of adventure

[RR] Faerbast - Page 1

Mémoire d'un gnome des bois

Cela fait déjà plusieurs jours que Tenser et moi avons quitté Doux-Printemps, le village de Giblet et la forêt de Kalalali, pour me rendre au sud dans la grande cité de Bet Rogala, capitale de la principauté de Pékal, afin de m’inscrire au grand Collège de Magie.

Ô combien je fus impressionné par la hauteur des bâtiments, par la diversité culturelle et par la taille de toutes ces autres magnifiques races que mon cher maître Sil décrivait dans ses histoires. J’ai tant désiré par le passé voir les mille lieux qu’il avait exploré que maintenant j’ai vraiment l’impression de vivre moi-même une véritable aventure.

En suivant les récits de mon maître, je me suis rendu l’auberge du Phoenix Éternel, tenu par un nain nommé Kurgan, pour y résider après mon inscription au Collège. J’y ai rencontré des gens très intéressants. L’aubergiste Kurgan avait adopté trois humains, d’origine fhokkie, et s’en était occupé comme ses propres enfants. L’aînée est une femme étrange nommée Ariana. Je crois qu’elle passe la plupart de son temps à l’extérieur de la ville, dans les bois environnants, et vient aider son père adoptif durant l’achalandage du soir. Les deux autres, Darian et Darius, sont des jumeaux quasi identiques. Je dis quasi identiques parce qu’ils sont d’apparence semblable, mais ils ont l’air d’avoir été marqué différemment par la vie. L’un travaille comme videur pour l’auberge, l’autre… je ne le sais pas exactement, mais il a l’air beaucoup plus sympathique que son frère et sa sœur. Réside également dans l’hôtel une naine à la chevelure rousse nommée Mieka qui serait, à ce que j’ai pu comprendre, une lointaine parente de Kurgan. Elle semble être exactement ce que je me faisais comme idée de la race naine : fière, loyal et peu versée dans l’art de la conversation. La dernière, Hanalisa, est une charmante kalamarienne, avec des traces évidentes de sang elfique, qui travaille en cuisine et trimbale toujours un faucon. Je ne m’y connais pas beaucoup en critères de beauté chez les humains, mais à voir les clients tourner la tête à chaque fois qu’elle se présente dans la salle commune, elle doit sûrement les dépasser.

Quelques jours après mon inscription au Collège de Bet Rogala, il y eut une altercation à l’auberge du Phoenix au cours du spectacle du talentueux barde nommé Loakim. Des individus à l’air louche sont entrés pour parler à Kurgan. Il parut bientôt évident que cela inquiétait ses trois enfants et sa parente. Piqué de curiosité et poussé par le désir de donner un coup de main, je me suis approché, mais Ariana m’empêcha d’entrer en cuisine. On entendit des bruits de lutte. Lorsque les jumeaux et Mieka tentèrent d’intervenir, je me faufilai et les appuya de mes sorts. Les malfrats réussirent à s’échapper, laissant Kurgan bien amoché. Pour mon aide, j’eus droit à de la bière gratuite. Le faucon d’Hanalisa, que je soupçonne d’être une lanceuse de sorts, avait poursuivis les malfrats dans la nuit. Au retour de l’oiseau de proie, Hanalisa et Ariana quittèrent discrètement l’auberge. Darius décida de les suivre et je me proposai avec enthousiasme pour l’accompagner. Ma première filature de nuit! Soudain, le jumeau m’avertit de quelque chose. Sous le coup de la nervosité, je me suis jeté dans le fossé. Ce n’était que sa sœur et Hanalisa qui revenaient. Elles avaient l’air de se disputer. J’entendis seulement des bribes de conversation. Quelque chose à propos des malfrats et de soldats de Tokis. Mais qu’est-ce que ces gens-là faisaient ici? Pékal et Tokis n’étaient pas supposément en conflit? De retour à l’auberge, je m’empressai de laver ma tunique salie dans le fossé. Les autres avaient l’air nerveux et la tension montait toujours entre Ariana et Hanalisa. Je suis allé me coucher, épuisé par cette soirée mouvementée.

Le lendemain, je me suis rendu au Collège comme à mon habitude. J’y passai tout l’avant-midi à travailler sur des textes anciens avant de retourner manger au Phoenix Éternel. Darian était attablé et semblait préoccupé. Lorsque je lui demandai ce qu’il n’allait pas, il me raconta ce qu’il avait découvert pendant son entraînement matinal avec Mieka : des restes de peau humaine dans le lac Eb’Sobet! J’eus un haut-le-cœur en apprenant cela. Il me confia qu’ils en avaient parlé à un vieux pêcheur, mais l’avaient immédiatement regretté en comprenant qu’il s’agissait d’une des plus grandes langues de la région. Pour faire passer mon haut-le-cœur, je passai le reste de la journée à lire un bon livre dans les bois. Le soir venu, je revins au Phoenix Éternel pour le repas. L’auberge était bondée à un tel point que je ne réussissais même pas à lire. Alors je demandai, hésitant, mon aide à Ariana, faisant de l’œil à Loakim, qui communiqua ma demande à Kurgan. Je fus assigné à la plonge. Quel désordre! Ces gens ne savent vraiment pas comment tenir une maison! Même moi, qui ne suis pas considéré comme un gnome des bois ordonné, je ne sème pas une pagaille pareille! J’entrepris de rectifier la situation. D’après les bruits venant de la salle principale, la tension montait également de l’autre côté de la porte. Darius offrit une tournée à tous les clients et le barde Loakim joua un air pour les calmer. À la fin de la soirée, les trois enfants adoptés confrontèrent Kurgan au sujet de l’altercation d’hier soir. Le nain, faisant la fierté de sa race, s’entêta à ne pas répondre, mais les deux frères et leur sœur le coincèrent un pied du mur. Ne voulant pas me mêler de leurs affaires de famille, je me tenais à l’écart, près de la fenêtre, pour m’assurer qu’il n’y avait pas d’oreilles indiscrètes. J’ai cru comprendre que Kurgan s’était endetté en Tokis pour acheter la liberté des trois enfants fhokkis et qu’il devait une somme faramineuse, 78 000 pièces d’or si je me rappelle bien. Le barde Loakim apparut soudain à la fenêtre et entra dans l’auberge. Il se révéla être davantage qu’un simple artiste, car il était au courant de cette histoire de dette et offrit aux enfants de Kurgan un moyen d’amasser la somme due en travaillant pour l’un de ses contacts influents. Il leur confia une lettre à faire parvenir à un certain Ut’Karg, chancelier de Norga-Krangi, un pays hobgobelin. Les jumeaux et leur sœur acceptèrent sans hésiter, semblant prêts à tout pour leur père adoptif. Mieka se porta volontaire, désireuse d’aider son parent. Hanalisa, bien que n’étant qu’une simple employée de l’auberge, accepta également de les accompagner, mais elle semblait animer d’un tout autre désir. C’est alors qu’elle révélait une partie sombre (Que dis-je? Horrible!) de son histoire : sa famille avait été massacrée par des gens de Tokis et son père avait disparu. Sans donner de réponse à propos de mon éventuelle participation à cette aventure, j’allai me coucher après un bain bien mérité.

Dès mon réveil, je me rendis au Collège pour vérifier si je pouvais m’absenter un certain temps. Wow! Ce Collège est vraiment génial! Je peux m’absenter comme je veux. Si seulement c’était la même chose à la petite école de Doux-Printemps… À mon retour à l’auberge, les autres s’activaient pour préparer le voyage. Darius, accompagné de son frère, alla vendre les armes des malfrats chez le forgeron qui employait Mieka et Ariana se chargea d’acheter les bœufs pour tirer la charrette qu’ils se procurèrent. Je ne vis pas Hanalisa de la journée, ni même de la soirée. Durant le repas du midi, je m’offris pour les accompagner librement, sans engagement. Pour leur prouver ma bonne foi, je m’occupai de faire les emplettes et Darian promit de me rembourser les frais de 23 pièces d’or. Le soir à l’auberge, en l’absence d’Hanalisa, j’ai de nouveau offert ma main-d’œuvre. Cette fois, j’ai lavé les fenêtres en plus de laver la vaisselle. Peut-être que cette établissement sera désormais plus présentable. J’allai me coucher tôt, tout énervé par la perspective des péripéties à venir.

Nous sommes arrivés dans la cité du chancelier Ut’Karg. Cela fait au moins deux semaines que je n’ai pas touché à mon journal. J’étais trop fasciné par les nouveaux paysages et, rendu dans le désert à l’ouest de Bet Rogala, la chaleur empêchait toute activité intellectuelle. Ariana prit grand soin des bœufs tout au long du voyage. Son talent avec les animaux semblait inné. Elle trimbalait un jeune lynx qui donnait la frousse à Tenser. Avant d’arriver dans la cité du chancelier, nous avons croisé dans le désert une caravane qui nous a indiqué le chemin. J’étais le seul à pouvoir communiquer avec eux en langue des marchands. Arrivés dans la cité du désert, nous traversâmes ses rues bondées d’hobgobelins et nous nous sommes dirigés vers le palais du chancelier Ut’Karg. Les gardes hobgobelins en armure à l’entrée n’avaient vraiment pas l’air commode avec leurs yeux vides de toute émotion. J’ai tenté nerveusement de parler avec eux et ils nous conduisirent auprès du chancelier par un dédale de corridors qui nous réjouissaient de leur fraîcheur. Après avoir remis la lettre, Ut’Karg nous confia une réponse par écrit. En sortant du palais, j’ai cherché une auberge pour nous loger à bas prix. Demain nous achèterons de quoi manger pour le retour dans le désert. Il est à présent temps de dormir. Enfin un lit relativement confortable, quoique pas très propre…

Le voyage de retour fut beaucoup plus long. En quittant le désert, nous nous sommes nourris des résultats des chasses d’Ariana. Dès notre arrivée au Phoenix Éternel, tout le monde s’est remis à l’ouvrage sans tarder. À la fin de la journée, une troupe de gardes de Bet Rogala vint nous chercher à l’auberge. J’ai tenté en vain de m’éclipser avec la lettre, car je commençais à douter de ce que nous avions fait en servant de messagers. Ils nous emmenèrent auprès de Tergal, vieux conseiller de Kafen, prince demi-elfe qui règne sur Pékal. Je me sentis mieux au moment où nous avons découvert que nous avions travaillé pour la Couronne. Nous avons reçu une somme de 2000 pièces d’or qui servira à payer la dette de Kurgan. Après cette aventure ô combien intéressante et exténuante, je retourne demain au Collège de Magie pour reprendre mes cours. Darius m’a demandé de lui apprendre la langue des marchands et je lui offerts des leçons en après-midi

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JayLavoie JayLavoie

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